Fais-toi confiance !

Article / 14 February 2022



"Qu'est-ce que je ferais si j'avais confiance en moi?"

"Je choisis de me faire confiance"

"Je choisis de m'écouter"

Ce sont les phrases qui résonnent très fort en moi en ce moment. Si comme moi tu passe ta vie à ne pas du tout te faire confiance pensant que tu n'es "pas assez": pas assez bon(ne), pas assez plaisant(e), pas assez de connaissances, pas assez bonne mémoire, pas assez fort(e), pas assez sage et encore tant d'autres "pas assez", tu sais de quoi je parles.

Résultat: tu passe ta vie à chercher des réponses en dehors de toi même, pour guider ta vie, pour prendre des décisions. Tu espères que quelqu'un va venir te "sauver" en te donnant la réponse que tu cherche à un problème. Et tu passe ton temps à écouter les autres. Ce n'est pas mauvais en soi mais en général tu vas finir par être au même point car on te dira tout et son contraire. Et cependant quelque chose en toi est insatisfait. Les réponses entendues te paraissent et sont parfois censées mais c'est comme si ça ne collait pas vraiment avec toi, avec ce que tu ressens au fond. 

Et tu te retrouve au même point qu'avant. Encore plus perdu peut être. Et en fait tu accordes bien plus d'importance aux autres qu'à toi-même.

Une des choses essentielles que je suis en train d'apprendre c'est de me dire "J'ai tout ce qu'il faut en moi et comme Dieu est en moi, même si moi je suis limitée, j'ai accès à l'illimité de Dieu." Ecouter c'est pouvoir prendre dans cet illimité et c'est vraiment puissant.

Mais honnêtement ça me défie: là je vais devoir donner des cours dans quelques mois, je me mets à créer des formations, je vais faire une nouvelle collection de tableaux, dans un style que je n'ai encore jamais fait.

Plein de défis donc, plein d'occasions dans lesquelles je me dis que "je ne suis pas assez". Mon premier réflexe c'est d'aller lire les livres de "ceux qui savent", de "ceux qui disent mieux que moi" et compiler tout cela et le sortir à mes élèves. Régurgitant un savoir. Sauf que ce n'est pas ainsi que je veux transmettre. C'est notre façon de fonctionner dans notre système éducatif actuel, mais je pense qu'il y a un autre chemin. 


Certes l'avis des autres a de la valeur, lire des livres, écouter d'autres auteurs nous enrichit énormément et c'est une excellente chose. Je peux certes m'inspirer de certains autres artistes pour ma future collection d'œuvres mais au final c'est moi et moi seule qui me retrouverai face à la toile blanche et qui sortirai ce qu'il y a en moi. Et c'est ce qu'il y a en moi, ma liberté intérieur, mon vécu, mon ressenti qui va rejoindre celui qui regardera le tableau. Un dialogue direct s'installe envers moi et ceux qui vont venir regarder les toiles.

Mais pour rédiger mes cours je vais faire ce que je n'ai jamais fait jusqu'à présent: je vais me faire confiance. Prendre le temps d'écouter ce qu'il y a en moi. Ce que moi j'ai envie de dire et de transmettre, sortir les idées, les pensées qui sont déjà en moi pour faire le corps de ce que j'aimerais transmettre. Dans un deuxième temps seulement je pourrais ensuite enrichir le contenu par des éléments percutants extérieurs.

T'es-tu déjà posé un moment pour prendre le temps de te demander "Qu'est-ce que je pense, moi?", ou "qu'est-ce que je ressens en ce moment?"

Parce que oui tu devras prendre le temps de t'écouter. 

- Te faire confiance est un premier pas. 

- Te poser la question un second pas. 

- Le troisième pas sera d'écouter ce que ton corps, ton intuition te dit. Tu pourrais être très étonné de ce qui en ressort.

- Le quatrième pas est de te dire " quelle action puis-je poser maintenant?"


Parce que s'écouter sans mettre en action c'est comme lire un livre sans le mettre en pratique. Tu n'iras pas très loin.
Avance avec ce que tu as. Un pas à la fois. Là où tu en es maintenant, c'est suffisant. La vie est un chemin, tu vas encore apprendre, évoluer.

Fais avec ce que tu as, ce que tu es aujourd'hui. Ecoute ce qu'il y a en toi, tu serais émerveillé des possibilités qui s'offriraient à toi, des rêves que tu referais émerger, des projets abandonnés que tu ressortirais, des décisions peut-être inattendues mais salvatrices que tu prendrais.

Activation

Prends un moment pour réfléchir pour toi-même et de décider et note le.

"Qu'est-ce que je ferais si j'avais confiance en moi?"

"Je choisis de me faire confiance"

"Je choisis de m'écouter"


PS: Quand tu écris des affirmations telles que : "Je choisis de me faire confiance", il te viendra peut-être à l'esprit des objections, du genre "oui mais non je ne peux pas me faire confiance je ne vais faire que me tromper"... ou autre. Note ces objections, tu verras à quel point au fond de toi tu crois à des pensées fausses qui te limitent. Affronte les et transforme ces objections en affirmations positives. En faisant cet exercice régulièrement tu verras comme les choses vont changer en toi.

PPS: Voici un tableau que j'ai fait "sans réfléchir", sans conceptualiser auparavant. J'ai juste joué avec mes envies, les formes et les couleurs. Me faisant confiance que ce que j'avais en moi est suffisant. Je craignais que ce soit moche, ridicule, brouillon et aucune de mes peurs ne s'est réalisée. Et j'en suis très contente ! Dessiner en freestyle est très libérateur!


[Vie d'Artiste] Oser la Pause

Article / 20 January 2022

Oser la pause

En ce début d'année et comme pour beaucoup de gens c'est le temps de mettre des objectifs et planning pour cette nouvelle année et c'était mon intention. Sauf que après le travail intense pour l'expo, les fêtes, je me suis sentie dans le creux de la vague sans compter que je suis tombée malade -même pas du Covid 😄.

Ce sentiment de creux de vague m'a beaucoup frustrée et sont venus en moi des tas de "il faut", "tu dois" lancés par mon perfectionnisme effréné (tu connais ça aussi toi?). Du coup alors qu'il tentait de prendre le dessus, je l'ai menotté et bâillonné et mis au placard, non mais!

Et j'ai accepté. Accepté le creux de la vague, car cela fait partie du mouvement. Tu ne peux pas vivre le sommet de la vague, cette sensation très grisante d'être portée, d'avancer vite, sans aussi vivre ce retrait de la mer avant de créer une nouvelle vague. Ainsi va le rythme de la nature, de la vie. Sans compter que c'est l'hiver, temps de se recentrer sur soi, sur les relations essentielles. Il est temps d'enfin se respecter, respecter le rythme des saisons, respecter son propre rythme malgré une société qui voudrait que l'on fonctionne 24/24, 7 jours sur 7, avec un rendement toujours égal.

J'ai embrassé ce temps de retrait, ce temps de pause et de repos que mon corps réclamait. Ce temps de cocooning à laquelle mon âme aspirait. J'ai bu des chocolats chauds avec mes enfants, regardé des séries, me suis remise à la lecture. J'ai lâché prise et dormi, beaucoup dormi. Manifestement j'en avais grand besoin.

Et quand le corps, l'âme et l'esprit ont repris du ressort et de la ressource alors là il sera temps de se poser, de fixer des objectifs.😌

Mais tu sais ce qui est étrange? C'est que quand j'ai lâché prise et me suis autorisée à me reposer, me sont venus plein d'idées, que j'ai hâte de mettre en œuvre. Ca bouillonnait. Le temps de repos a été un temps fertile. Et alors que je voulais planifier plein de choses m'est venu la stratégie pour moi nécessaire pour cette année et au delà: travailler depuis le repos.

Je m'explique. Habituellement quand on planifie, on a tendance à vite remplir toutes les petites cases disponibles et on a l'impression d'être alors très très utiles, de faire plein de choses, d'accomplir beaucoup - et j'aime vraiment beaucoup cette sensation!. Sauf qu'on se fatigue vite aussi et qu'on perd de notre jus, de notre essence tout aussi rapidement.

Une chose importante que m'ont appris les 12 ans de maladie que je viens de traverser et le fait de tout recommencer ma vie de zéro, c'est que ce dépouillement est en fait une chance. Nous sommes, et notre esprit sont encombrés par mille et une petites choses. Repartir de rien, avec peu de moyens, peu d'énergie oblige à un tri radical. Dans mon nouvel appartement je n'avais à la base rien ou quasi. La question que je me posais à chaque chose qui rentrait dans mon appartement est: "Est-ce que ça contribue à mon bien-être? Est-ce que ça me plait vraiment et est-ce que ça fait un environnement dans lequel je me sens vraiment bien?" Je suis partie de la sensation de "je suis bien et heureuse" et du coup chaque élément qui se rajoutait à ma vie devait rajouter un plus à cette vie. Si ce n'est pas le cas, je ne prend pas/j'élimine.

C'est drastique. C'est radical, mais alors quelle tranquillité d'esprit! Quel apaisement!

Il en est de même avec mon art et mes projets: j'ai une énergie encore limitée, elle est ce qu'elle est mais c'est parfaitement ok ainsi. C'est là où j'en suis maintenant et c'est ok. Je dois encore choisir avec le plus grand soin le moindre de mes engagements, les moindres sorties. Ca m'oblige à me concentrer sur l'essentiel, sur ce qui est vraiment bon et ok pour moi.

Travailler depuis le repos c'est: "je suis bien ainsi je suis dans l'abondance et la plénitude, dans la joie et ne rentreront dans mon planning et objectif que des choses qui vont dans ce sens. Est-ce que ce projet est aligné avec mon objectif, mon désir, mon énergie?"

Ces questions nécessitent aussi de profiter des temps de pause. Il est important de se les accorder pour prendre le temps de vérifier au fond de soi si c'est bien pour toi, si c'est en accord avec ton temps, énergie, valeurs, désirs.

Planifier des objectifs ce n'est pas remplir son agenda. Avant de planifier c'est important de te poser, évaluer ce qui te convient vraiment et alors seulement tu vas pouvoir te fixer des objectifs, mettre des choses dans ton planning. En faisant cela tu économiseras énormément d'énergie! Et les actions que tu poseras seront faits avec bien plus d'intention, de sens et porteront aussi bien plus de fruit tout en faisant moins de choses.


J'ai envie de t'encourager que ce soit dans ta vie d'artiste ou en général: "Ose la Pause!".

N'hésite pas à partager en commentaire, message, mail ou autre si cela te parle. Partage aussi à quelqu'un que cette réflexion peut interpeller.

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(S')Exposer

Article / 26 December 2021

English version: See below


J'expose!

Oui c'est génial!!!  Déjà ça mérite bien trois points d'exclamation. Et puis c'est à la fois un début et un aboutissement.

Un début parce que c'est le commencement d'une nouvelle vie, la première d'une série d'expositions et d'une vie d'artiste peintre qui se concrétise gentiment.

Et un aboutissement de travail intensif sur 27 tableaux, d'avoir surmonté 12 ans de maladie invalidante, d'un long cheminement de guérison et tout ça donne un accomplissement personnel plus que satisfaisant et une grande fierté.

Mais exposer c'est aussi s'exposer. Partager mon cheminement, le fauteuil roulant, la difficulté, la souffrance. Le retour à la vie: un processus pas du tout linéaire. Le bon, le moins bon, et tout comme "L'origine du monde" de Gustave Courbet mis ici en exemple, on a le sentiment de se mettre à nu, à poil devant tout le monde, avec un mélange d'émotions passant de la beauté fierté, teinté d'une certaine indécence d'ainsi parler de sa vie. Rien que cette pensée peut mettre dans des états émotionnels peu agréables voire même une certaine paralysie, en mode "Non je ne peux pas faire ça, j'arrête tout!" à trois jours d'accrocher les tableaux. 😅

A se demander ce qu'on pensera de moi, si ce que j'ai fait est assez, si c'est suffisamment bien, si mon vécu va toucher ou pas, si au final j'en dit pas trop ou pas assez. Je me pose mille questions qui vont de la police d'écriture du descriptif, à la vue d'ensemble, et mille et un détails.

Je tourne en rond, je me perds.

Tu sais ce qui permet de sortir de ce cycle infernal de pensées ininterrompues, de questions sans fin et surtout sans réponses ?

C'est sortir de soi. Aller du "qu'est-ce qu'on va penser de "moi"" à "De quoi peut avoir besoin la personne qui va regarder le tableau? Quelles sont ses questions? En quoi mon vécu peut l'aider?" Comment m'adresser à cette personne, de la meilleure façon possible?


C'est passer de "Me montrer" à "Je sers".

Au final les tableaux ne sont pas le tout mais seulement un point d'accroche, de contact entre deux personnes, deux histoires qui peuvent entrer en résonnance. Ce point d'accroche qui permet d'amener de l'espérance, de la discussion, de l'interrogation. Un sourire peut être, une émotion. Il n'y a pas d'autre enjeu, rien à craindre.

Si tu te lances dans une entreprise qui te fait flipper, un projet qui t'anime et te tétanise à la fois, dis-toi qu'au final ce n'est pas autour de toi que l'histoire tourne mais plutôt rappelle-toi du "pour quoi" tu le fais et de "pour qui" tu t'engages.

Bonne exposition! 


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I exhibit!

Yes it's great !!! Already it deserves three exclamation points. And then it is both a beginning and an end.

A beginning because it is the beginning of a new life, the first in a series of exhibitions and a life as an artist painter which is slowly taking shape.

And the result of intensive work on 27 paintings, of having overcome 12 years of crippling illness, of a long road of recovery and all that gives a more than satisfactory personal accomplishment and a great pride.

But to exhibit is also to expose oneself. Share my journey, the wheelchair, the difficulty, the suffering. The return to life: a not at all linear process. The good, the less good, and just like "The origin of the world" by Gustave Courbet put here as an example, we have the feeling of getting naked, naked in front of everyone, with a mixture of emotions passing from beauty pride, tinged with a certain indecency to speak of his life. Just this thought can put in unpleasant emotional states or even a certain paralysis, in mode "No I can not do that, I stop everything!" three days away from hanging the paintings. 😅

To wonder what people will think of me, if what I have done is enough, if it is good enough, if my experience will affect or not, if in the end not saying too much or not enough. I ask myself a thousand questions ranging from the font of the description, to the overview, and a thousand and one details.

I go around in circles, I get lost.

Do you know what allows you to get out of this infernal cycle of uninterrupted thoughts, endless questions and above all unanswered?

It is to come out of oneself. Go from "what will they think of" me "" to "What may the person looking at the painting need? What are their questions? How can my experience help them?" How do I address this person in the best possible way?

It is to go from "Show me" to "I serve".

In the end, the paintings are not the whole thing but only a point of attachment, of contact between two people, two stories that can resonate. This hook that brings hope, discussion, questioning. A smile can be, an emotion. There is no other stake, nothing to fear.

If you embark on a business that freaks you out, a project that both animates you and paralyzes you, tell yourself that in the end it is not around you that the story turns but rather remember yourself of "what" you are doing it for and "for whom" you are committing.

Have a good exhibition!




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Beauty for Ashes

Article / 12 September 2021

Chère Rose,

Aujourd'hui je voulais te parler d'un de mes tableaux, représenté ici. Il est intitulé "Beauty For Ashes" (Beauté à la place des cendres)

"Il donne de la beauté à la place des cendres, La joie au lieu du deuil "Esaïe 61.3

Peut-être aujourd'hui te sens-tu découragée par tes circonstances de vie, le coeur brisé par une séparation douloureuse, la perte d'un être cher. Ou alors es-tu confrontée à la maladie, une relation toxique ou encore à des des soucis financiers.

Toutes ces situations évoquées ci-dessus je les ai vécues. Je peux te comprendre là où tu en es maintenant. Sache qu'en cet instant, tu es vue, entendue, comprise.

Je suis là aujourd'hui pour te dire qu'un chemin de guérison, de restauration est possible.

Cette peinture est l'histoire de ma vie: Du deuil à la joie. Des cendres à la beauté. De la douleur à la guérison. Etre devenue une femme restaurée et épanouie!

C'est l'histoire pleine d'espoir d'un voyage de guérison. Cette rose sort de la poussière des cendres sans même sentir le brûlé. J'ai connu le deuil, j'ai connu des chagrins, des pertes, du désespoir, j'ai été complètement épuisée, alitée, incapable de marcher, lire, écrire ou peindre.

Je peux à présent lire, marcher, jouer du piano, avoir une vraie vie, pas un semblant de survie, je suis heureuse et épanouie.

 Il y a de l'espoir. Il y a la guérison. Il y a plus que lutter et survivre.

Il y a fleurir, vibrer, être remplie de joie et épanouie.

Ici j'étais en fauteuil roulant, en 2013.


Et me voici aujourd'hui, en 2021. Cet été, j'ai participé à un camp de marche de 4 jours et je me suis mise au violoncelle il y a deux mois.

Je te montre ces photos, même celles de mon passé qui me sont douloureuses à voir tellement j'étais mal dans ma peau à cette période, afin que tu saches que ce dont je parle est du concret, pas du blabla pour inspirer.

Avec cette peinture faite au pastel que j'ai fais en songeant à ce chemin de vie, je t'envoie tout mon amour, la joie et la guérison que j'ai reçues de Dieu. Que cette rose te rappelle ceci : Espoir - Guérison. Tu peux en sortir, pleine de beauté.

Je t'aime.

PS: Si cette histoire résonne en toi et que tu as des questions ou que tu veux juste parler, tu peux m'envoyer un email si te le souhaite, je suis là pour toi - sara.roulet@regartdevie.com

Le tableau original au pastel sur papier, encadré (40x50 cm) est actuellement disponible. Contacte-moi si tu es intéressée. Une version digitale de l'oeuvre est disponible en poster ou autre format ICI

Une vie en morceaux

Article / 15 August 2021



Peut-être aujourd'hui te poses-tu la question: Que faire quand mon coeur, ma vie est en morceaux? Vais-je un jour pouvoir les réunir et faire quelque chose, m'en sortir? 

Toutes ces questions je me les suis posées également, ma vie étant en morceaux avec une maladie invalidante depuis de longues années, un mariage terminé, un coeur brisé par des espoirs déçus et ce, sur une grande durée. On se demande alors si on pourra se reconstruire suffisamment, surmonter ça de manière à un jour pouvoir vivre pleinement et pas juste survivre. 


J'ai été interpellée  par l'art du Kintsugi - ou l'art de la résilience-  qui consiste à réparer un objet en soulignant ses lignes de failles avec de la véritable poudre d’or, au lieu de chercher à les masquer. Je me suis procurée un livre écrit par Céline Santini intitulé "Kintsugi l'art de la résilience" qui propose tout un chemin de réflexion tout au long de ce processus. Je me suis lancée dans la confection de mon propre vase.


Première difficulté

J'avais un vase acheté dans un célèbre magasin suédois, blanc, simple, esthétique, qui me plaisait beaucoup. J'ai voulu m'y mettre et je me suis directement retrouvée face à ma première difficulté: briser intentionnellement ce vase. Mon perfectionnisme m'interdisait de le casser délibérément. "Et si je le cassais mal?" Oui ridicule comme réflexion mais elle m'a vraiment bloquée pendant un bon moment. J'ai dû commencer le processus par admettre l'échec, lâcher prise de la "réussite", y compris de "réussir à bien casser". Un échec ce n'est jamais joli, bien cassé, propre et net. Il y a des morceaux, de la poussière, des éclats qu'on ne retrouve pas, il y en a partout. Des morceaux qui se retrouvent sous la table du salon alors qu'on pensait avoir pris toutes les précautions pour récolter les éclats.

J'ai dû lâcher prise. Littéralement. Accepter le brisement, renoncer à mon désir de perfection, accepter le moche. Accepter ce qui est. Sans vouloir le changer, le transformer. Avant même de vouloir réparer, juste prendre conscience et acter tout ce qui ne va pas: les chagrins et souffrances enfouis pendant si longtemps, les dysfonctions niées, les peurs accumulées qui font brutalement surface, ressentir toutes les émotions difficiles que je ne m'étais alors pas autorisée à ressentir car trop difficiles à vivre. Mettre des mots dessus. Réaliser aussi les "bons" morceaux les espérances que j'avais, une volonté de vivre, de faire ce qu'il fallait pour changer, devenir une meilleure version de moi-même.


Ce qui est

Une énorme difficulté aussi a été de ne pas me ruer sur un tube de colle pour réparer à la va-vite. L'envie de reconstruire peut être tellement fort, voire violent du fait de la douleur de voir tout cela détruit peut pousser à zapper l'étape de juste vivre ce qui est. Ca a été une étape très importante dans le processus. Des montées d'élans très forts pour tout rafistoler me prenaient et c'était une vraie lutte pour rester tranquille, contempler ce qui est. Ne pas agir. Vivre cet instant de contemplation sur la situation était déjà une action en soi. 

Faire le bilan des morceaux de la vie, le positif, le négatif, acter ce qui est, faire un état des lieux, pour savoir sur quoi repartir. Vais-je rebâtir ma vie avec les mêmes éléments? Ou les éléments négatifs, vais-je les transformer en éléments positifs pour mon puzzle de vie? 


Pour être concret, je vous donne un exemple. Prenons un morceau nommé "deuil" je l'ai appelé "célébration". Je ne veux plus vivre dans le deuil plus longtemps, j'ai assez mariné dedans depuis ma plus tendre enfance. Je décide donc à la place de célébrer: célébrer la vie, être reconnaissante, célébrer chacune de mes victoires et celle de ceux qui m'entourent.

Figurez-vous que j'ai pu par la suite très largement vivre cette célébration: moi qui était en fauteuil roulant électrique et déambulateur, j'ai célébré: célébré mon périmètre de marche qui s'agrandissait, célébré d'abandonner le fauteuil roulant, célébré mes sorties en canne et plus en déambulateur, célébré mes premières sorties sans canne, célébré mes premières marches en montagne, si chères à mon coeur, célébré ma descente en rappel, et les célébrations continuent.


Lignes de failles, lignes de force

Pendant longtemps j'ai tenté de donner une bonne image de moi, forte, "parfaite", sage fille, trop sage, bien sous tous rapports alors qu'intérieurement j'étais brisée. Je ne voulais surtout pas montrer mes faiblesses, craignant les critiques et d'alors me sentir encore plus brisée. La maladie par la forces des choses m'a appris à accepter mes faiblesses, physiques déjà premièrement. A demander de l'aide, à renoncer à paraître forte -même si je ne vous le cache pas, je suis très têtue et cette tendance veut parfois reprendre le dessus...

J'ai dû apprendre à dire: j'ai mal, je suis en colère, je suis brisée, je souffre, j'ai des défauts. Les exposer d'une part a permis d'enclencher un processus de restauration et de guérison, de connexion à mon moi profond, et au final à être authentique. Et ce qui était au départ mes lignes de failles, sont devenues mes lignes de force. 


Depuis, dans mes tableaux faits au pastel, j'aime à intégrer des lignes faites à la feuille d'argent ou d'or en symbole de ces lignes de faille et de force.

Ces lignes qui brisent le côté lisse du tableau au pastel donnent au final du relief et une touche unique.

Ces cicatrices de ma vie deviennent ma force et le témoignage de tout le chemin parcouru. Un chemin de guérison, de restauration, de résurrection.


Le tableau présenté ci-dessus en illustration est fait au pastel, j'y ai représenté mon  vase Kintsugi, celui-là même que j'ai brisé et restauré.

Il est d'ailleurs disponible à la vente, s'il vous intéresse, contactez-moi pour plus d'information.


De la mort à la vie

J'ai été frappée lors du récit fait dans l'Evangile de Jean 20:19-29 dans lequel Jésus une fois ressuscité se montre à ses disciples. Il leur montre ses cicatrices aux mains  et à son côté. J'ai été interpellée par le fait que si l'on songe si l'Esprit de résurrection a ce pouvoir immense, il doit aussi pouvoir enlever les cicatrices de son corps non? En fait ce sont justement ces cicatrices qui ont convaincu les disciples qu'il s'agissait bien de Jésus, y compris Thomas. Il ne les a pas cachées. Je ne désire pas non plus cacher ces lignes qui témoignent de ce chemin de vie, dans lequel je suis passée d'une vie brisée, de mort, à la vie et l'épanouissement.


"Mais il était blessé à cause de nos fautes, il était écrasé à cause de nos péchés. La punition qui nous donne la paix est tombée sur lui. Et c'est par ses blessures que nous sommes guéris." Esaïe 53.5